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Et la formation des enseignants ?

Après à peine un an et demi de mise en place de la nouvelle réforme de la formation des enseignants[1], nous constatons en Inspé (Institut national supérieur du Professorat et de l’Education) et sur les terrains une dégradation importante de l’accompagnement et de la valorisation du métier.

Le déplacement du concours de recrutement (CRPE) en fin de M2 met les étudiants dans une grande difficulté liée à la surcharge de travail, en particulier sur la 2e année : validation du Master, soutenance du mémoire, année de concours et stages, mais également dans des difficultés financières, en particulier pour les étudiants qui vivent en Ile-de-France, qui peuvent au mieux toucher une rémunération de 600€/mois pendant 12 mois sur les deux années de Master, en effectuant un stage en école d’une journée par semaine sur 12 mois  + 6 semaines de stages dits massés.

Si l’on ajoute à cela les difficultés auxquelles font face les enseignants sur le terrain en termes de manque de moyens, de formation et d’accompagnement (nouvelle forme de management) et du manque de considération, malgré les louanges qui leur avaient été adressées en période de confinement, l’attractivité pour le métier d’enseignant est en baisse et les démissions sont malheureusement de plus en plus fréquentes.

A notre niveau, nous, militant.es de la formation, nous devons poursuivre notre travail de formation et en particulier de formation-recherche qui caractérise l’AsFoReL et qui permet d’offrir aux enseignants des moments de rencontre et de réflexion collective, pour retrouver l’énergie de poursuivre le travail d’accompagnement des enfants dans l’apprentissage et la maîtrise du langage oral et écrit, qui, nous le savons, est vital et indispensable pour comprendre la société qui nous est proposée, et pour résister et combattre toutes les formes d’injustice.

Natacha Espinosa
Maitresse de conférences Université Paris Nanterre
Directrice du SUFOM


[1] Voir le “Vademecum” : Réforme de la formation initiale des professeurs et des conseillers principaux d’éducation en instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation. https://services.dgesip.fr/fichiers/2021_vademecum_formation_CPE_professeurs.pdf

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Une expérimentation sur la dictée à l’adulte, circonscription de Toul (54)

En septembre 2022 a été mis en place un groupe de travail sur la dictée à l’adulte en cycle 2, dans la circonscription de Toul (54). Encadrés par Florence Gauthier, et dans le cadre de la formation continue, une douzaine d’enseignants volontaires s’enregistrent régulièrement sur des séances de dictées à l’adulte réalisées en groupe « classe entière ».

Le travail fait suite à une expérience menée sur l’année 2021-2022 qui consistait à comparer les productions écrites des élèves de deux classes de CE1 en milieu ordinaire. Dans une classe (groupe expérimental), la dictée à l’adulte faisait l’objet d’une pratique régulière pour tous les écrits de la vie de classe (mots aux parents, correspondance scolaire avec une autre classe), ce qui n’était pas le cas de la deuxième classe. Ce travail a été présenté par E. Canut au colloque « Interactions langagières en classe et construction des savoirs dans les disciplines scolaires » (Lille, 6-7 oct. 2022).

Avec l’accord de Mme Noël, inspectrice de circonscription, il s’agit maintenant d’étendre l’expérimentation à un plus grand nombre d’élèves (en incluant le Réseaux d’Éducation Prioritaire), soit au total 196 élèves. Pour les enseignants, ce projet est accessible sur le site de la CARDIE (Cellule Académique Recherche Développement Innovation et Expérimentation) de l’Académie Nancy-Metz.

L’analyse des enregistrements doit permettre de déterminer les modalités des interactions orales enseignant-élèves qui jouent le rôle de leviers dans la production d’écrit. A partir des transcriptions, une réflexion collective est menée sur les reformulations proposées par l’enseignant (type d’énoncés des élèves/des enseignants, lien entre les questions posées par l’enseignant et la forme des réponses des élèves, présence de constructions syntaxiques complexes dans les énoncés) et sur l’évolution des textes réalisés (forme et contenu). Un bilan sera fait en fin d’année scolaire pour envisager la possibilité d’étendre cette pratique à davantage d’élèves et d’enseignants de cycle 2 de la circonscription.

Florence Gauthier, professeur des écoles, école Saint Evre, Toul

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Nouvel article « Impact of language-training programs on French educators’ interactions and child syntax development »

Emmanuelle Canut, Caroline Masson & Magali Husianycia (2022) « Impact of language-training programs on French educators’ interactions and child syntax development », Language and Education, DOI: 10.1080/09500782.2022.2127323

https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09500782.2022.2127323?journalCode=rlae20

Abstract
Studies that measure the effectiveness of language-training program for children’s language development do not clearly identify in adult-child interaction which characteristics of educators’ language are most effective, particularly for children over 4 years of age who need to develop complex syntactic skills. Our study aimed to analyze the language use of 26 educators (with different professions: teachers, animators, and employees) participating in French language-training program for preschoolers. This training was based on linguistic research on language acquisition and focused on syntax. A total of 131 children were recorded in adult-child joint narration in a dyadic interaction across six French cities and 20 preschools. The statistical analysis of the linguistic and pragmatic properties of the educators’ language while interacting with children demonstrated that the educators changed their language practices after training. This study also revealed that syntax complexity of educators’ input has a significant impact on syntax development of children.

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Recherche « facilitateur.trices de langage » pour l’année scolaire 2022-2023

Nous recherchons des « facilitateur.trices de langage » pour apporter une aide aux enfants de maternelles

Dans le cadre de la mise en place d’ateliers d’entrainement au langage « Coup de Pouce LANGAGE » à destination des enfants de maternelle (Moyenne et Grande sections), des communes recherchent des facilitateurs de langage pour intervenir une heure une ou deux fois par semaine.

L’action « Coup de Pouce LANGAGE » en met en place chaque année dans plusieurs villes.
L’action vise à accompagner les enfants pour favoriser leur maîtrise de la langue orale en proposant des ateliers individuels (un enfant avec un adulte) plusieurs fois par semaine.
Pour une présentation détaillée : voir notre site.

Même si les enfant bénéficient des ateliers au moins 2 fois / semaine, les « facilitateurs de langage » peuvent n’intervenir qu’une seule fois par semaine ou animer plusieurs ateliers, selon ses disponibilités.
Une journée de formation (obligatoire) est organisée en amont (sur la période octobre/novembre).
Cette année, plusieurs communes recherchent des facilitateurs de langage dans l’Est (Vandoeuvre les Nancy, Nancy, Lunéville, Maxéville, Jarville-la-malgrange), dans l’Ouest (Niort), dans le Nord (Lille, Lomme), mais aussi en Eure en Loire (Dreux) et dans l’Essonne (Les Ulis).

Si vous êtes intéressé.es : contacter l’AsFoReL par mail (assoasforel@yahoo.fr).

APPEL A BENEVOLES A MAXEVILLE



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Journée d’étude « Simplifier les textes : quels critères linguistiques pour quel public ? » (16/09, Lille)

L’AsFoReL est partenaire de la journée d’étude « Simplifier les textes : quels critères linguistiques pour quel public ? » organisée par Emmanuelle Canut et Juliette Delahaie de l’Université de Lille, en collaboration avec l’équipe du projet MigraLang 2.0.
Cette journée aura lieu le vendredi 16 septembre sur le campus Pont-de-Bois de l’Université de Lille (ou en distanciel).

Programme ici

Inscription :  je-easylanguage@univ-lille.fr

Objectif de la journée
La journée d’étude aura pour objectif de s’interroger sur les critères linguistiques à mettre en œuvre pour disposer de textes juridiques, administratifs ou médicaux qui soient accessibles à des publics ayant des difficultés pour comprendre la langue écrite (personnes soient en situation de handicap mental, d’illettrisme ou allophones). Il s’agira de répertorier et d’évaluer les critères linguistiques à prendre en compte pour la rédaction de textes adaptés/simplifiés, en appui des recherches actuelles dans le domaine et au regard des travaux menés dans d’autres langues (notamment l’allemand et l’italien). Le but est d’enrichir/compléter les données actuelles du FALC (facile à lire et à comprendre) pour mieux accompagner les professionnels et acteurs de la société civile dans leurs relations avec ces publics en difficultés dans les structures d’accueil et d’hébergement, centre sociaux, administrations… L’ambition est non seulement de fournir des outils linguistiques pour la rédaction/la réécriture de textes mais également de commencer à réfléchir à un pôle institutionnel de recherche français dédié à cette problématique du « langage simplifié » (easy language).

Cette journée d’étude s’inscrit dans la continuité des travaux menés dans le projet MigraLang 2.0 (Langue et communication dans les structures d’accompagnement des publics migrants de la métropole lilloise : analyse et évaluation, http://migralang.hypotheses.org ; projet FLASH-MESHS / DÉFI 2 : Vulnérabilités et inclusion). Elle se focalise sur des personnes dites « vulnérables », axe majeur des recherches en SHS en France et en Europe, et répond à des besoins sociaux et politiques, en lien avec la question de l’intégration.

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Nouvelle collection d’histoires : Alt&rité

Les livres de la collection Alt&rité sont des supports à l’apprentissage du français oral et écrit ; ils peuvent faciliter l’accès à une lecture autonome pour des adolescents ou adultes avec des besoins particuliers : personnes en situation d’insécurité linguistique ou d’illettrisme, allophones, ou personnes ayant une déficience intellectuelle.

Pour rendre ces livres accessibles, textes, illustrations et mise en page s’appuient sur des critères issus des recherches sur l’apprentissage du langage de Laurence Lentin et collaborateurs[1], tout en tenant compte de certaines des préconisations du FALC (Facile A Lire et à Comprendre)[2]. Ils présentent toutefois un degré de difficulté croissante, aussi bien sur le plan linguistique que typographique.

Il s’agit de 9 histoires qui retracent des événements de la vie quotidienne : un entretien à pôle emploi, un anniversaire, un accident de vélo, un déménagement….

Les livres de cette collection sont utiles pour (ré)apprendre à parler, à lire et à écrire.

Conception de la collection : Magali Husianycia
Rédaction et coordination : AsFoReL

Bientôt dans notre boutique en ligne.